Textes écrits par Gaspard Herblot
NO WAY BACK
—
Quand la roue est lancée,
on ne peut plus la stopper,
chaque pas compte,
no way back.
—
Cessons les gros dégâts,
stoppons les faux débats,
cette fois,
y a le feu au lac.
—
On joue nos vies en playback,
tous les jours, on a l’trac,
plus l’droit aux faux départs.
—
Qui veut gagner des millions ?
Qui remporte Koh-Lanta ?
Qui sera la nouvelle star ?
—
Malaise interne,
chute de l’empire.
Marcher au pas,
échapper au pire.
Expirer,
naître,
voir clair,
mourir.
—
On aime tous un peu
s’autodétruire.
—
On va droit dans le mur,
même si derrière,
y’a l’univers.
On s’agite,
on danse,
on se met la tête à l’envers.
—
Bois donc ta soupe populaire,
tire pas ta moue d’cocker,
alors qu’on troue la terre
à grands coups d’bulldozers.
—
On noie les coups de colère
à grands coups d’bols d’air,
ici c’est coups de poker,
attention foudre, tonnerre,
disparition des ours polaires…
—
Faut-il tout foutre en l’air ?
—
Scratch…
—
Trop de coups de bourre,
trop de coups de barre,
désolé de ne pas être un code-barres,
tu peux pas me scanner.
—
Trop d’bouche-trous,
trop d’trous d’balle,
trop d’coups bas,
trop de coqs de combats forcés.
—
Trop de fourre-tout,
trop d’sous d’table,
trop d’goulags,
trop de trocs tronqués.
—
Trop de série B,
trop laserisé,
trop d’série Z,
trop d’espèces menacées…
—
On trace tout droit
dans nos couloirs,
chacun milite
pour sa victoire.
—
C’est le foutoir,
le trou noir,
le goulag,
la douche froide…
bon courage.
—
Y’a trop d’fusées à Cuba,
trop d’nuba à Dubaï,
donc goodbye,
c’est le raz-de-marée.
—
On va droit dans le mur,
même si derrière,
y’a l’univers.
—
On s’agite,
on danse,
on se met la tête à l’envers.
—
Ce qui est fait est fait,
ce qui est fait
n’est plus à faire.
—
En marchant à reculons,
peut-on toujours
faire marche arrière ?
—
Pulsion,
passion,
dûment canalisées.
Grosse pression,
crûment banalisée.
—
Éducation,
pulsion,
y’a pas compatibilité.
—
Arrête de culpabiliser,
arrête la comptabilité.
—
Tout, tout, tout
faire pour se placer,
tout faire pour rester
dans la course au flouze.
—
Des claques dans la bouche,
la langue brûlée,
on clash dans la bouse.
—
Tout, tout, tout
faire pour naviguer,
dans tous les pôles d’activités.
—
On taffe dans la loose,
faites tourner SVP,
on claque de nos blues.
—
Allez-y les biquets,
libérez les mickeys,
plantez bien les piquets,
mettez tout le paquet.
—
Quand la roue est lancée,
on ne peut plus la stopper,
chaque pas compte,
no way back.
—
Cessons les faux débats,
stoppons les beaux ébats,
cette fois,
y a le feu au lac.
—
Lâcher les voiles,
prendre le vent,
fendre la dune.
—
Nager à contre-courant,
relever des ruines
de pierres
qui fument…
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VICTIME DE TES PULSIONS
Ça va vite, très vite,
c’est le coup de bourre de longue,
j’déboule sans freins,
sans longe,
sans filet,
en trombe,
j’turbine à toute berzingue
dans les limbes que je sonde,
ce n’est plus une course de fond,
j’entends la terre qui gronde,
j’suis dans un trou sans fond,
ça fait longtemps que j’tombe.
Je pars à brûle-pourpoint
pour une dernière ronde.
—
La tête,
le cœur,
les couilles…
mais qui est le leader ?
Mon organisme m’embrouille,
mais c’est le meilleur des dealers :
La tête,
le cœur,
les couilles…
suis-je toujours maître en ma demeure ?
—
J’ai pas passé l’âge de raison,
je suis sous l’emprise de mes passions,
j’suis prisonnier,
pas besoin de maton,
mes cellules, ce sont mes démons,
je collectionne toutes les addictions,
je suis la victime de mes pulsions.
—
Victime de mes pulsions,
je nage dans le court-bouillon.
Victime de mes pulsions,
est-ce pour la vie, sans rémission ?
Victime de mes pulsions,
finirai-je par toucher le fond ?
Victime de mes pulsions…
—
Y’a qu’à pousser bouchon
pour faire couler bourbon,
à chacun son bouffon,
y’a bon péter boulons,
tu bois du pelure d’oignons,
tu mates des lourds mamelons,
va te moucher, fiston,
faut faire mousser, tonton,
t’es dans la truffe de fion,
sors-toi de ce fourre-couillon,
tu nages dans le court-bouillon,
goûte à mon tourbillon.
—
Victime de tes pulsions,
t’es dans la truffe de fion,
Victime de tes pulsions,
ouais tant qu’ça groove, c’est bon.
—
Ce soir
session prononciation.
C’est pas du sourd jargon.
Du menton,
ça bouge jusqu’au front,
la langue roule,
sort de ses gonds.
—
Roulé-boulé,
ruses de sioux tout le long,
sentiers fourrés pour le toutou,
tout est bon.
Langue de chat,
pousse-pousse nichon,
nuisette froufrou,
cache-cache bichon,
chouchou boulette,
passe-passe chichon,
dancefloor fausse couche,
tape-toi le quichon.
—
Mais il est pas mimi
le toutou à tonton ?
—
Pepe zizi dressé,
procès papon,
pipé popo,
liquette bébé,
papa pipi pressé,
nécessité,
viser vessie,
lavabo vider.
Même si maman stressée,
tirette vite-vite glisse,
quand même pas compliqué
rester tout de même civilisé.
—
Pour choper le pompon,
tout est bon.
C’est des poupées russes
que je ponds.
Coup bas,
rires gras,
danse de salon.
Soupire pas,
bouge pas,
bloque ta respiration.
—
Pas de reprise des addictions
avant la fin de l’opération.
—
Victime de tes pulsions,
t’es dans la truffe de fion,
Victime de tes pulsions,
t’es un peu court, garçon !
—
Ne t’essuie pas
sur ton caleçon.
S’cuse-moi si je
booste le ton.
En moins de deux,
tu tires une gueule
de six pieds de long.
J’ai pas qu’un peu l’impression
qu’t’es la victime
de mes pulsions.
—
Pimpom pimpon…
t’es la victime de mes pulsions.
—
J’assassine sec
les souches de con,
j’empile bien net
les couches de sons.
Hin hin heu…
j’crache des secousses de son.
—
Dans l’aile, pas de plomb,
un coup de canon,
du flan de bas-fond,
du son de baron.
Tout dépend
du cours du punch,
faut pas que j’me
gourre de ton.
—
Ce soir c’est le
four ou l’carton.
Attachez donc
vos mousquetons.
—
Plongé dans la moue
des tronches,
parfois j’ai la frousse,
les jetons.
—
Victime de mes pulsions,
est-ce pour la vie sans rémission ?
—
J’donne dans la course de fond,
j’file tout schuss, c’est bon,
tout sort d’la source maison,
tant qu’j’fais mouche, j’ai bon.
—
J’fais des ronds de flanc
tout le long,
donc faut qu’j’bouge
mes pions.
—
J’bouffe des mousses de thon,
c’est qu’du pour de bon,
du lourd béton,
du coup de bâton.
—
Sans cesse,
j’bute sur les mêmes questions.
En tous temps,
j’fais dans toutes options.
—
J’pousse le bic
avec la full mention.
Là, j’fais péter
la touffe de lion.
—
À la sueur de mon front :
Production lourd bonbon.
Production lourd bonbon.
Production lourd bonbon.
SAN FRANCISCO
—
En scooter des mers,
en mode hors-piste,
gare aux fonctionnaires des eaux,
en mode hermaphrodite.
—
Pour perpétuer l’espèce humaine à tout prix,
on se fait des enfants à soi-même.
Mais nos bébés naissent
sans pousser de cri.
—
Il n’y a plus de roi,
ni de reine.
Mais où est le roi ?
où est le rat ?
où est le chat ?
où est Charlie ?
—
Plus on a soif,
plus on saigne.
Plus on se coiffe,
plus on soigne.
—
Tous les chemins
mènent à l’homme.
—
On s’est noyé
dans nos sérums,
sous des trombes d’eau
et des huttes en flammes.
—
On lâche des cascades de rires
et des chutes de larmes.
La lame de fond
nous nettoie le fond de l’âme.
—
Des éventails me sortent des mains,
donc je ne peux plus
jouer avec des cerfs-volants
dans mon bain.
—
Je vous prie de résister
à la tentation
de regarder
par le trou de mes serrures.
—
On a chacun
nos vide-ordures,
bientôt plus de poils
sous la ceinture.
—
On glisse sur les coups durs,
on se griffe les reins
en tondant la pelouse.
—
Se réveiller
en marchant dans la bouse,
bien obligés
de ravaler nos blues.
—
On trépassera
avec notre flouze.
On aime le plus
les œufs que l’on couve.
—
—
L’humidité
donne forme aux monstres.
—
Des jambes se couchent
dans les champs.
La flamme
chauffe le sang.
—
Des fusées tombent
avec les poissons volants.
—
Sous le feu,
la terre tresse
des visages d’oiseaux.
—
Des corps de bateaux
déploient leurs voiles.
Des ovnis sortent de terre
pour danser sur la toile.
—
Fusent les envolées,
les volutes,
les spirales.
—
Sous le feu,
le carré crame
et laisse place
à l’ovale.
—
Une plante pousse calmement
dans le tourment des flammes.
—
—
Larguez les amarres !
Le ciel brille,
mais la mer gronde.
—
La terre est-elle
toujours ronde ?
Un petit tour
de grande roue ?
—
J’ai plein de bon sens
dans ma gourde.
Ai-je une chenille
à l’encolure ?
—
Il faut que je me sauve
avant d’avoir
les chevilles trop dures.
—
Ne dort-on pas mieux
évanouis
que cagoulés ?
—
La langue prostrée,
les yeux écarquillés,
on a toujours besoin
d’un alter ego colorié.
—
Faites votre marché…
—
On garde le soleil
dans nos cœurs,
on abrite des oiseaux
dans nos corps.
—
Mes avatars
sont des enflures.
Griffure,
rature,
cyanure,
azur.
—
Les mômes muets
sont souvent pleins
de curiosités.
—
L’âne bâté,
le grain de beauté
du félin masqué,
les fines bouches,
les hautes herbes.
—
L’eau glacée
fait circuler le sang.
—
Des griffures dans la chair,
on rince nos plaies
à l’eau de mer,
on paye le prix fort
de nos nerfs.
—
On flotte dans l’azur,
toujours fiers.
On est dans la lune,
les pieds sur terre.
—
Rien ne se perd,
rien ne se crée,
tout se transforme.
—
Tout se mélange,
tout s’effiloche,
tout s’étire.
—
Une salade de fleurs
assaisonnée de rires
et de pleurs.
—
De petits yeux,
une drôle de bouche,
un grand cœur.
—
Bienvenue chez les autistes,
aujourd’hui,
c’est le défilé en solo
d’un clown trisomique.
—
Une cascade d’expectatives,
une farandole
de formes vives.
—
C’est la joie
du printemps cosmique,
aussi frappant
qu’une salade d’endives.
—
Tomber des nues
par une belle matinée.
—
Une peuplade de bédouins
pas démaquillés.
—
Entrepris de peler
une orange sanguine
survitaminée.
—
On regarde devant
pour voir derrière.
—
C’est dans la liesse
que jaillissent
les plus beaux nénuphars.
—
On arrive toujours
à bon port
lorsque l’on prend
le bon départ.
—
Ultime alternative :
—
Peler des oranges
avec un stylo plume.
Planter un clou
avec une enclume.
—
Quand tout brûle,
la vie se niche
sous terre.
—
Le soleil nous tombe
sur la tête.
—
Des giboulées de braises,
gribouillées.
BREAK
—
Tourner,
chavirer,
vriller,
plier,
pousser,
fondre.
—
Plonger,
taper,
glisser,
flasher,
débouler en trombe.
—
Souffler,
bondir,
s’enivrer,
exploser les comptes.
—
Essoufflé,
saoulé,
jusqu’à ce que tout
s’effondre.
—
Chercher le bout du tunnel
dans l’ombre.
L’apesanteur m’échappe…
quelques secondes.
—
Paris,
Québec,
Bangkok,
Saint-Denis,
Londres.
—
Je suis une comète,
une balle de ping-pong.
—
Donnez-moi le sol
pour moi tout seul.
—
Qu’on me laisse le temps
de rentrer dans le sol.
—
Donnez-moi le sol
pour moi tout seul.
—
J’échappe à mon corps,
c’est parti,
je décolle.
—
Donnez-moi le sol
pour moi tout seul.
—
Pas de bile,
pas de bol.
—
Donnez-moi le sol
pour moi tout seul.
—
Je ne suis plus qu’un ressort,
et je prends mon envol.
—
Donnez-moi le sol
pour moi tout seul.
—
Laissez-moi le temps
de rentrer dans le sol.
—
Donnez-moi le sol
pour moi tout seul.
—
Devrai-je m’enfuir ?
Je respire,
et je pars.
—
Pourrai-je courir
sur les nénuphars ?
—
Je suis ce qui bouge.
J’essuie l’orage
et la foudre.
—
Je suis l’orange
et le rouge,
le mage
et la poudre.
—
Froisser,
défroisser,
lisser,
caresser,
projeter.
—
Accélérer,
glisser,
cogner,
racler,
s’exploser.
—
Des spirales,
des volutes
s’envoler.
—
Se vider.
Défier la gravité,
pour dans l’azur
flotter.
—
Si on est venus ici,
c’est pour taper le snare.
S’asseoir sur les kicks,
déplacer les masses d’air.
—
Nous,
on se lasse pas.
On éclate,
on tape.
—
On glisse sur les façades,
on sort des trappes.
—
Garde à l’estocade,
gars,
t’as la face pâle.
—
On t’estomaque
à coups de saccades,
on envoie du sale.
—
Inventeurs de labyrinthes,
créateurs de dédales.
—
On fabrique des moteurs
pendant que d’autres pédalent.
—
C’est l’escalade,
portés par les bains de foule.
—
La dernière balade
avant que la terre
ne s’écroule.
—
Sur l’esplanade,
on te donne la chair de poule.
—
C’est l’escapade,
ninety,
tête,
petite boule.
—
Donnez-moi le sol
pour moi tout seul.
—
Laissez-moi le temps
de rentrer dans le sol.
—
Donnez-moi le sol
pour moi tout seul.
—
Laissez-moi le temps
de rentrer dans le sol.
—
Laissons la somme
pour la ronde.
—
Mon pouls tape,
mes tempes frappent,
ma tête ronde.
—
Sortons les gommes
et les frondes.
—
Le tempo grimpe,
saoulé,
le corps gronde.
—
Laissons la somme
pour la ronde.
—
Mon pouls tape,
mes tempes frappent,
ma tête ronde.
—
Sortons les gommes
et les frondes.
—
Le tempo grimpe,
essoufflé,
le corps gronde.
—
On sème des spasmes
et des fusées.
—
On a de l’asthme
et des suées.
—
L’asphalte est dur,
c’est notre alliée.
—
Pas besoin d’armure,
je suis blindé.
—
Tous les liquides ont coulé.
Vidé,
lavé,
bavé.
—
Power move,
footwork,
airflare.
—
J’échappe à mon corps.
Je défie la mort.
—
Je ne suis qu’un ressort.
Je ne sens plus l’effort.
—
Mon pouls tape,
mes tempes frappent,
ma tête ronde.
—
Le tempo grimpe,
saoulé,
le corps gronde.
—
Laissons la somme
pour la ronde.
—
Sortons les gommes
et les frondes.
—
Mon pouls tape,
mes tempes frappent,
ma tête ronde.
—
Le tempo grimpe,
saoulé,
le corps gronde.
—
Laissons la somme
pour la ronde.
—
Sortons les gommes
et les frondes.
—
Les yeux rivés sur le ciel,
on veut fixer l’essentiel.
—
Démêler les ficelles,
seul face à l’éternel.
—
Avide de futur
et de nouveauté.
—
La vérité éclate
quand je kick l’instant T.
—
La vérité éclate
quand je kick l’instant T.
—
La vérité éclate
quand je kick l’instant T.
CENTRAL PARK
—
YAN
—
On marche…
On marche sur des chemins de visages,
des virages dans les chemins,
un visage dans le parc,
un parc aux mille visages,
chacun dans sa case,
on écoule nos rêves
en épluchant des raves.
—
GASPARD
—
Bienvenue dans l’arène des bouffons,
où des fous bons jouent
le long des routes trouées,
longeant les bas-fonds.
—
Là où des visages chiffons
s’effilochent,
là où les joues tombent,
tandis que surgissent…
—
Des oiseaux noyaux,
des chèvres montées sur ressorts,
des rêves dans le décor…
—
Une pieuvre en monocycle,
des ailes sous les pattes,
des chevaux mutants
à la poursuite des automobiles
sur des chemins
qui dégringolent.
—
Une limace trace
un filet de bave,
un volcan étale sa lave,
une libellule s’étiole…
et c’est la panne.
—
Un lampadaire fane.
—
Chut…
ici on dort.
Laissez-vous filer
dans le noir.
—
(Entrée Saïd)
—
GASPARD
—
C’est le zoo des os,
où tout dégringole,
où des poissons me sortent du cerveau
en farandoles.
—
Des nœuds de pansements,
des cheveux qui se collent.
—
YAN
—
Trouver le plaisir de la chair
dans les bas-fonds,
prendre des bains de foule,
emmitouflés dans des redingotes,
on a la chair de poule.
—
Fendre la bise,
planter le glaive
là où les corps gisent,
se fondre dans des masques
de terre glaise,
toujours sur le qui-vive.
—
J’œuvre à la serre et au four,
je rêve de belle et de sourd,
me fous des fées du jour,
copule dans le bestiaire
au sein des cris sourds
qu’on étouffe,
des étoffes qu’on brûle
et des chamallows
qu’on bouffe.
—
GASPARD
—
Allez, allez !
Venez héler
les créatures
de la parade des clowns
en noir et blanc.
—
Bébés bossus,
cornes de biques,
squelettes joufflus,
jeunes bimbos fourbues,
cliques éclectiques
et langues fourchues.
—
Sous nos bandages,
nous sommes nus.
Nous n’aimons que
les viandes crues.
—
La mort arrive
en chapeau pointu,
en criant
turlututu,
et s’en va
dans un corbillard
conduit par un crapaud.
—
Des fantômes à vélo,
c’est le carnaval
des gueules qui tombent.
—
Des squelettes pieuvres,
des corps en vrac,
des cœurs en briques,
des sentiers étriqués,
des vides
que personne n’habite.
—
Des niches
que des pieuvres abritent,
des seins griffés,
des femmes giflées,
des majordomes affligés,
des mammifères
pleins de vices infligés.
—
Des corps imbriqués,
des sourires impliqués,
des coqs dans les labyrinthes,
des nids de poules,
des sentiers escarpés,
des faces de clowns carrées
dans des cases étriquées.
—
YAN
—
Des bouches en triangle
à la fin des sentiers,
des yeux exorbités
sortent de fenêtres barricadées.
—
On a déjà le vertige
en bas de l’escalier.
—
Toute la volupté du monde
dans un pyjama rayé.
—
GASPARD
—
Des visages griffés,
les yeux dans les genoux,
les mains derrière la tête,
on tient à peine debout.
—
Le cœur dans l’oreille,
les poumons dans les doigts.
—
Des corps puzzles,
des genoux dans les gueules.
—
Les doryphores pullulent.
Dans l’œuf déjà,
on bascule.
—
Des fœtus géants
se bousculent.
—
On croule
sous la force du poids.
—
En boule
sous le poids des cages.
—
Sous la bosse de l’âge,
on croise sa tête
dans le virage.
—
On sombre
sur le bord du rivage.
—
Empêtrés dans des nœuds,
des bibles,
des spirales,
des chemins de visages,
des virages dans les chemins,
un visage dans le parc,
un parc aux mille faces…
—
Encagés dans nos pannes,
on ravale nos cascades de rires
et nos chutes de larmes.
—
Tandis que les plumes crament,
tandis que les huttes calmes brûlent,
en cascade,
de drôles de chevaux camarades
s’échappent en cavalcade.
—
Encagés dans nos pannes,
chacun dans sa case,
on écoule nos rêves
en épluchant des raves.
—
On écoule nos rêves
en épluchant des raves.
—
TABLEAU 6 — LES GRANDS TRANSPARENTS
—
A DEUX
—
Entre deux eaux,
côtoyant de drôles
de poissons préhistoriques,
des hordes de mammouths aquatiques,
des triples mamelles
et des oreilles démesurées.
—
Des chemins de jambes enchevêtrées,
une amphore pleine
de fleurs fanées,
des ampoules grillées,
encore des fœtus
et des embryons congelés.
—
Des frozens babies égyptiens,
des routes de bras,
des avalanches de jambes,
des chutes de bras,
des tuyauteries de membres élastiques,
des saveurs froides
et génériques.
—
GASPARD
—
Un “bong” sourd
donne la cadence.
—
Lentement,
tout nous échappe.
—
On lustre le plexiglas,
en œuvrant tous
à l’effacement
de nos mémoires ancestrales.
—
Tout un chacun
fils d’une étoile.
Les plus grands secrets
dans nos moelles.
—
Nous changeons chaque jour
de chaussettes.
—
YAN
—
Lentement
en train de disparaître.
—
On lave les blessures
de nos ancêtres.
—
GASPARD
—
Le sens de la vie
suit le sens du vent.
—
On avance en dents de scie,
indécis,
l’œil livide.
—
On vivote,
abasourdi mais lucide,
docilement.
—
Sens dessus dessous,
sans cesse impénétrable
et placide.
—
La viande dans le sas
dans un sac de vide.
—
PARTIE RAP
—
On a traversé l’ère du feu,
l’âge de glace,
l’arithmétique,
la génétique des races…
—
Toujours sous le même ciel,
les grands cataclysmes,
les pires désastres.
—
Jusqu’à l’impasse.
—
À l’heure de la fonte des neiges,
c’est la fête des songes.
—
C’est le grand manège
dans lequel tout nous plonge.
—
Nous ne sommes
qu’un seul corps,
dont chaque membre
a droit de grève.
—
Les pieds dans la glace,
d’une place à l’autre,
on glisse,
avec indifférence.
—
On se laisse flotter
dans le silence.
—
L’humanité
ne sait même plus
si elle a froid.
—
On a cassé
le thermostat.
—
TABLEAU 8 — CONTRE LA PHOTOGRAPHIE
—
(PARTIE 1 — YANNICK)
—
Tourner,
chavirer,
vriller…
(plonger, glisser, exploser…)
—
Je défie la mort,
j’échappe presque
à mon propre corps.
—
Donnez-moi le sol
pour moi tout seul.
—
(PARTIE 2 — GASPARD)
—
Froisser,
défroisser,
lisser…
—
Danser sur la toile,
flotter dans l’azur.
—
Être ce qu’on bouge,
être l’orange et le rouge.
—
Donnez-moi le sol
pour moi tout seul.
—
Je respire,
je pars,
je ne suis plus
qu’un ressort.
—
Je défie la mort.
J’échappe presque
à mon propre corps.
CENTRAL PARK
(version atelier)
—
Bienvenue dans l’arène des bouffons,
où des fous bons jouent
le long des routes trouées,
longeant les bas-fonds,
là où des visages chiffons
s’effilochent,
là où les joues tombent…
tandis que surgissent…
—
Des oiseaux noyaux,
des chèvres montées sur ressorts,
des rêves dans le décor…
—
Une pieuvre en monocycle,
des ailes sous les pattes,
des chevaux mutants
à la poursuite des automobiles
sur des chemins
qui dégringolent.
—
Chut…
ici on dort.
Laissez-vous filer
dans le noir.
—
Une mante religieuse
joue à scier du bois
avec un loir.
—
Les Shadocks
ne suivent pas les flèches,
mais arrivent à bon port…
ou finissent à la foire.
—
C’est le zoo des os,
où tout dégringole,
où des poissons me sortent du cerveau
en farandoles.
—
Des nœuds de pansements,
des cheveux qui se collent.
—
Trouver le plaisir de la chair
dans les bas-fonds,
prendre des bains de foule,
emmitouflés dans des redingotes,
on a la chair de poule.
—
Fendre la bise,
planter le glaive
là où les corps gisent,
se fondre dans des masques
de terre glaise,
toujours sur le qui-vive.
—
J’ai laissé ma crème de jour.
J’œuvre à la serre
et au four.
—
Je rêve de belle
et de sourd,
laisse la crème de jour
aux princesses des tours.
—
Des fantômes à vélo,
c’est le carnaval
des gueules qui tombent.
—
Des squelettes pieuvres,
des corps en vrac,
des cœurs en briques,
des sentiers étriqués,
des vides
que personne n’habite.
—
Des niches
que des pieuvres abritent,
des seins griffés,
des femmes giflées,
des majordomes affligés,
des mammifères
pleins de vices infligés.
—
Des corps imbriqués,
des sourires impliqués,
des coqs dans les labyrinthes,
des nids de poules,
des sentiers escarpés,
des faces de clowns carrées
dans des cases étriquées.
—
Des bouches en triangle
à la fin des sentiers,
des yeux exorbités
sortent de fenêtres barricadées.
—
On a déjà le vertige
en bas de l’escalier.
—
Toute la volupté du monde
dans un pyjama rayé.
—
Oyé, oyé !
Venez héler
les créatures
de la parade des clowns
en noir et blanc.
—
Allez, allez !
Bébés bossus,
cornes de biques,
squelettes joufflus,
jeunes bimbos fourbues,
cliques éclectiques
et langues fourchues.
—
La mort arrive
en chapeau pointu,
en criant
turlututu,
et s’en va
dans un corbillard
conduit par un crapaud.
—
Des cris sourds
qu’on étouffe,
des étoffes
qu’on brûle,
et des chamallows
qu’on bouffe.
—
On croule
sous la force du poids.
—
En boule
sous le poids des cages.
—
Sous la bosse de l’âge,
on croise sa tête
dans le virage.
—
On sombre
sur le bord du rivage.
—
Empêtrés dans des nœuds,
des bibles,
des spirales,
des chemins de visages,
des virages dans les chemins,
un visage dans le parc,
un parc aux mille faces…
—
Une limace trace
un filet de bave,
un volcan étale sa lave,
une libellule s’étiole…
et c’est la panne.
—
Un lampadaire fane.
—
Les hommes sont chacun
dans leur case,
on écoule nos rêves
en épluchant des raves.
—
Encagés sous nos mannes,
on ravale nos cascades de rires
et nos chutes de larmes.
—
Tandis que les plumes crament,
que les huttes calmes brûlent
en cascade,
—
de drôles de chevaux camarades
s’échappent en cavalcade.
—
Sous nos bandages,
nous sommes nus.
—
Nous n’aimons que
les viandes crues.
—
Des visages griffés,
les yeux dans les genoux,
les mains derrière la tête,
on tient à peine debout.
—
Le cœur dans l’oreille,
les poumons dans les doigts.
—
Monter sur des tabourets
pour faire des pieds de nez
aux hiboux.
—
Dans l’œuf déjà,
on bascule.
—
Des fœtus géants
se bousculent.
—
On se caresse
dans le sens du poil,
en avalant des pilules.
—
On roule en carrosse
pour ne pas user nos semelles.
—
Des corps puzzles,
des genoux dans les gueules.
—
Les doryphores
pullulent.
FETE DES MOTS
—
C’est la foire des mots,
Allez, on se dépêche messieurs dames !
C’est la foire des mots,
réduction sur les adjectifs qualificatifs,
lots d’adverbes en promotion,
noms propres d’occasion…
allez, on profite !
—
C’est la foire des mots,
je les brade au kilo.
—
Doubabedibabedoubo…
Doubabedibabedoubo…
—
Mis bout à bout,
ces mots tabous de toubabs
font tabac,
au bas mot.
—
Gros bonnets, bon dos,
bitumes bondés,
logos grotesques,
sons de baudet,
pogos, bains de foule,
badots paumés,
dominos,
Playmobil,
Lego.
—
Désolé si j’débite
sans storyboard.
J’envoie juste les syllabes
dans un certain ordre.
—
En phase avec la phrase à toc,
j’articule les briques
de mon soliloque.
—
Paquets bradés,
phases rodées,
infra basses saturées,
phrases brodées.
—
Tous les dicos sont mixés :
scalpel,
machette,
coupe-papier.
—
Tous les mots font mouche,
tous les mots sont de mèche.
—
S’est-on joué de moi ?
La joie de vivre m’a quitté.
—
J’ai la voix de givre,
même l’été.
—
Je pousse des râles mâles,
j’ai dur à démarrer,
submergé
par des raz-de-marée
de lexèmes endiablés.
—
Je suis comme un fou
sans tronc
dans un trou
sans fond.
—
Tic…
Tac…
L’heure tourne
autour du pot.
—
Pas de balades banales,
je dévale les vallées.
—
Déballe des balles vocales,
avale des valises de salive.
—
Toutes les gammes sont bonnes,
toutes les idées
ont droit de cité.
—
SDF ou BCBG,
Rolex ou keffieh,
toutes les classes
de la société.
—
Le vice
de la modernité.
—
Faites ce que je dis,
dites pas ce que je fais.
—
—
BIENVENUE DANS MON CERVEAU
—
Les mots sont verrouillés.
Ok…
je vais les chercher.
—
Sonde mentale,
rien de banal.
—
Plein de flows,
plein de lifestyles.
—
STOP.
—
Jeu de mots-parleur,
pointe pointilleuse.
—
STOP.
—
Fusion des stylos-graffitis.
—
STOP.
—
Pas de texte à thème.
Sans prétexte,
j’aime
disposer ces lexèmes
hors contexte.
—
Ma poésie flirt
avec le papotage pratique,
ou pose les questions fatidiques :
Qui suis-je ?
Où vais-je ?
Qu’est-ce que je fabrique ?
—
Pourquoi cette colique
de vocables atypiques ?
—
Je traque
la formule choc.
—
—
BIENVENUE DANS MON CHÂTEAU
—
Chacun son style,
chacun ses phases.
—
Chacun sa façon
de travailler.
—
On façonne tous
des énoncés.
—
Parfois la pensée
plane dans l’air.
—
Nos verbes jaillissent
à notre insu.
—
Le silence est violent.
—
Les mots traversent
les radios,
l’air,
la poussière.
—
Rien ne se tait vraiment.
—
—
Tic…
Tac…
—
Je suis comme un fou
sans tronc
dans un trou sans fond.
—
Submergé
par des raz-de-marée
de lexèmes endiablés.
—
—
Qu’on ne sait se taire.
Que le silence
est violent.
—
—
FIN / LOOP
—
C’est la foire des mots…
Doubabedibabedoubo…
—
C’est la foire des mots.
FOUILLIS FICHIER
—
Alerte, alerte !
Il y a un virus
dans votre système nerveux.
—
Veuillez reparamétrer
votre base de données.
—
Allô, allô,
Monsieur l’ordinateur,
dites-moi…
où est passé mon cœur ?
—
SMS,
MMS,
MSN,
GSM,
GPS…
—
Elle m’aime en laisse…
hum,
j’aime ses fesses.
—
Quête du graal,
fabuleux poèmes,
poules aux œufs d’or,
belles promesses.
—
Instinct de survie,
rêves de masse,
vie de bohème,
foule en liesse.
—
Y’a des muffins
dans le cerisier,
des sardines
dans le calendrier.
—
Saperlipopette !
Mazette !
Grand Dieu !
—
C’est le fouillis
dans le fichier.
—
C’est le fouillis
dans le fichier.
C’est le fouillis
dans le fichier.
—
Va falloir tout
reformater.
—
Effet course-poursuite,
lotto,
porno,
grosse sono,
full effect.
—
Gros bonnet,
bon dos,
son de baudet,
pogos,
logos grotesques.
—
Limitation de vitesse
dépassée,
radar opé…
ok,
je me suis fait flasher.
—
J’reconnais les faits,
Monsieur l’agent,
j’pouvais pas l’éviter.
—
Touché,
coulé,
copier,
coller,
roulé,
boulé.
—
Quête d’identité.
—
Allô les pompiers…
c’est le feu
de la personnalité.
—
Clic gauche,
Ctrl,
Alt,
Sup.
CQFD.
—
C’est le fouillis
dans le fichier.
—
C’est le fouillis.
—
Sex toys,
night shop,
cache-cache,
carte Visa.
—
Car wash,
snack,
viagra.
—
Bloque cash
tes chakras.
—
Playmobil,
McDo,
biscotte…
c’est le carnaval.
—
Flash de masse,
bain de foule,
paparazzi,
paria.
—
Métro,
boulot,
compote.
—
Canal de Panama.
—
Regarde tout ce qu’on te balance
dans le panorama.
—
Des bimbos en bikini
à Paris Plage.
—
High-tech,
Darty…
rumba,
salsa,
tango…
—
Y’en a pour toutes
les sensibilités.
—
La communication
et ses subtilités.
—
Fouillis,
fichier,
stupidité.
—
Qui va nous apprendre
à aimer ?
—
Trop de vies rêvées,
trop de rêves avortés.
—
Cauchemar,
fourre-tout,
vide-grenier.
—
Supermarché,
thermostat,
disc-jockey.
—
Couche-culotte,
petit-suisse,
andouillette.
—
C’est le paradis
dans mon caddie.
—
Y’a des chouquettes
sur le tapis.
—
On se croise
dans nos couloirs,
les pieds sur la moquette,
le cœur dans l’entonnoir.
—
Chacun dans son fichier.
—
On échange vite fait
au parloir.
—
On verse nos remords
dans la baignoire.
—
Pris par la roue du boulot,
me voilà
au bout du rouleau…
—
Allô…
Monsieur l’ordinateur…
dites-moi…
où est passé mon cœur ?
—
J’ai soif.
Je m’enfonce
dans le sofa.
—
L’espace s’affaisse
autour de moi.
—
Je me sens
tout léger…
—
Vais-je m’effacer ?
—
Dans cette lumière
d’hosto…
—
Bip…
bip…
bip…
—
Plus que 6 %
de tonus.
—
Sauf si…
flash bonus.
—
Bip…
bip…
bip…
HYPERACTIVÉ
—
(Intro beatbox frénétique)
—
Ouh…
je vais tous vous hypnotiser…
—
Mais qui suis-je ?
—
Je suis le tchatcheur masqué,
j’avance avec des voix déguisées,
je déroule le fil conducteur
de ma pensée
sans permis B.
—
J’appuie mes mots
sur un beat bien caché.
—
Les dés sont-ils pipés ?
Pimpon,
chope le pompon.
—
Papa,
j’pige pas…
hyperactivé.
—
J’ai trop d’idées.
Désolé.
J’ai décidé
de toutes les placer.
—
Aucune n’est niée
dans ce cafouillis.
—
Va falloir fouiller.
Trouver
si le fou y est.
—
J’espère que vous me suivrez.
—
3…
2…
1…
Top chrono.
—
C’est parti.
—
Le siège de la pensée
n’a plus de dossier.
—
Est-ce donc
un tabouret ?
—
Je suis le funambule
sur lequel les yeux
sont rivés.
—
J’peux pas me planter.
—
Si je retombe pas
sur le bon temps,
tout le monde
va le remarquer.
—
J’suis pas attaché.
Si je tombe,
faudra me ramasser.
—
J’suis pas assuré.
En cas de décès…
qui va payer ?
—
Je suis l’hyperactivé.
—
Celui des clichés.
—
J’ai trop d’énergie.
Plus que je ne peux
en dépenser.
—
Peur de m’ennuyer.
Toujours occupé.
—
Besoin de respirer.
—
Le poing serré.
Besoin de me défouler.
—
Je tourne
à 2% de mes capacités.
—
Même à ce tempo,
les têtes
peuvent encore se balancer.
—
Allez…
move ton corps,
bébé.
—
COUPÉ
—
Faut que je m’abrutisse
pour tenir en place.
—
C’est ça
ou je mets le feu
à la Grand-Place.
—
Je suis le démonstrateur.
—
J’ai peur du silence.
J’ai peur du vide.
—
Si je m’arrête…
je meurs.
—
Si je m’arrête…
je meurs.
—
COUPÉ
—
La parole abusive
lave plus blanc que blanc.
—
Dans le silence,
il reste
un trou béant.
—
Suis-je un tueur…
de silence ?
—
La parole,
on l’aime…
mais sème-t-elle
la démence ?
—
Les mots
s’articulent dans la cadence.
—
Je sais
que c’est dans le silence
que les mots
prennent leur sens.
—
Panne d’essence.
—
Plus de carburant.
—
Où est passé
mon temps ?
—
Je reprends.
J’accélère.
—
J’accélère…
jusqu’à me rouler
par terre.
—
L’enfer ?
—
Le vide.
—
Toujours faut que ça speed.
—
Je dors
les yeux ouverts.
—
La radio,
la télé
allumées.
—
Dans ma tête,
ça ne s’arrête jamais
de tourner.
—
“Vas-y,
pose-toi mec,
fais du yoga…”
—
J’ai essayé.
—
Mais obligé
d’anesthésier le cerveau.
—
Je me mets
des décharges
pour me calmer.
—
Hyperactif.
Impératif.
—
Je sors de mon état végétatif.
—
Mais qui suis-je ?
—
Je suis le démonstrateur.
—
J’ai peur du silence.
J’ai peur du vide.
—
Si je m’arrête…
je meurs.
—
Et maintenant…
il est quelle heure ?
—
Vapeur.
—
On a tous du mal
à supporter le vide.
—
Alors on cherche
à le combler.
—
On répète :
“Salut, ça va ?
Qu’est-ce que tu fais ?”
—
Faut bien communiquer.
—
Mais on est pourtant
tellement proches.
—
Chacun
les mains dans ses poches.
—
Qu’est-ce qu’on va inventer
pour remplir
notre existence ?
—
On s’occupe.
On collectionne.
On s’agite.
—
Tout le monde voudrait
que le monde tourne bien.
—
Le problème ?
C’est qu’on est tous humains.
—
C’est quoi le bien ?
—
On y réfléchit.
On se revoit demain.
—
Chacun fait
son bout de chemin.
—
Qu’est-ce qu’on va faire
de notre vie ?
—
Partout où je vais,
je vois qu’on se prend la tête
pour rien.
—
On pleure.
On crie.
On casse le grille-pain.
—
Et on s’aime
le lendemain.
—
Pas facile,
les rapports humains.
—
Chacun fait
son bout de chemin.
INTERFACE
—
(Cris d’enfants, voix de bébé, beatbox comptine)
—
Fils de la multiplicité,
ni prématuré,
ni mort-né,
si libre
et si déterminé.
—
Bienheureux descendant
de parents décédés, bornés.
—
Victime d’un dédoublement ambigu
de la personnalité,
parfois proche
de l’ubiquité.
—
Héritier de névroses corsées,
un trauma enfoui
à gérer.
—
Héritier de rapports arides,
de sourires rapides
croisés.
—
Une pensée
pour ceux qui passent,
et tous ceux
qui sont passés.
—
Dans ce fouillis
de faces faxées,
difficile d’accès.
—
Cherche les liens
sans me paxer,
juste envie
de crever l’abcès.
—
Plein de fougue
dans la foule en fuite,
en quête
d’authenticité.
—
Parfois,
je trouve la vérité
chez la charcutière,
le boucher,
le coiffeur,
le boulanger,
le vagabond,
le P.D.G.,
les cheminots contrariés…
—
Je vous aime tous.
Désolé.
—
Mais je reste isolé.
—
J’ai…
le complexe
du fils unique.
—
Depuis le bac à sable,
je pousse
des caisses et des caisses
de briques.
—
Leur poids
va-t-il couler
ma propre barque ?
—
Je me vexe
si les regards
ne se braquent pas sur moi.
—
Alors seul,
je débarque.
—
Sans halte,
je trouve les prétextes
pour envoyer
des salves et des salves
de textes.
—
On me dit :
“pose ton bic,
passe ton bac”.
—
Je réponds :
ça me dégoûte.
Je ne rentrerai pas
dans ta secte.
—
À la recherche
des mots
qui vont casser la baraque.
—
Sinon…
je m’efface.
—
Vrai
ou faux ?
—
Faut partager
l’amour de maman.
—
Dur de couper
le cordon.
—
Carence affective,
ad vitam aeternam.
—
Toujours seul
dans ma barque,
je rame.
—
Compensation
d’amour manquant,
mensonges tactiques
marquants.
—
Papa ment.
—
Le corps vif
comme du piment.
Le cœur dur
comme du ciment.
—
On avance
lentement.
—
Un pas par an…
mais un pas
de géant.
—
On ne s’agite pas.
Mais ça rame
dedans.
—
(Changement de voix)
—
Je suis le mutant.
—
En état d’évolution
permanent.
—
Parmi nous,
il y a d’autres mutants.
—
Je vous vois défiler
sur fond blanc.
—
Ensemble,
escaladons
le mont Blanc.
—
Les pensées trop carrées
tournent en rond.
—
On fait le bilan.
—
Plus j’en sais,
plus je sais
que je suis ignorant.
—
J’ai foi en l’inconnu,
comme le savant.
—
Je ne m’avoue pas vaincu
face au vacant.
—
Je pose des pierres,
des repères,
des jalons.
—
Mais toujours
pas de réponses.
—
Des années
sans certitudes.
—
L’élasticité de l’amour
a toujours été là.
—
Alors…
de quoi a-t-on peur
de manquer ?
—
(Beat du vide)
—
Insomniaque.
Hyperactif.
Paranoïaque.
Hypocondriaque.
—
Je me sens patraque.
—
Docteur…
—
Diagnostic :
j’ai le trac.
—
Dans ma tête,
ça craque.
—
Je me réveille la nuit
en sueur.
—
Je vois des images malsaines.
—
Une free party
dans le jardin d’Éden.
—
Ambiance blasphème.
—
Difficile
de faire sauter les serrures.
—
J’ai intériorisé
la censure.
—
On coupe
dans le cancer
au laser.
—
Toujours
la morve au nez.
—
Touchez-moi.
Couchez-moi.
Rangez-moi.
—
Au rayon
grand brûlé.
—
Saturé d’idées.
—
Jusqu’à satiété.
—
Non mais ça…
c’est fou.
—
Le cerveau
trop productif.
—
Au service
du puzzle actif.
—
La laverie aseptisée…
—
Va-t-on s’affaisser
dans l’ivresse ?
—
L’Everest
à notre portée.
—
Tous ces regrets
déjà postés.
—
L’enveloppe…
était-elle timbrée ?
LES GRANDS TRANSPARENTS
(version béton armé)
—
À travers une couche de glace,
le ciel s’efface.
—
À travers les yeux d’un autre,
on boit la tasse.
—
Voguons ensemble
vers la clarté de nos rapports.
—
Les passeurs en transit
arrivent parfois à bon port.
—
Arrêtons les courses creuses
en notre for intérieur.
—
À la quête de l’instant rare,
d’une place en or,
en quête d’ailleurs.
—
En quête d’autres voix,
avid es d’éphémère,
d’évanescent,
de moments phares.
—
Nous sommes transparents
comme les cadrans
d’un quai de gare.
—
Dans nos images de mort,
on se laisse choir…
—
Entre deux eaux,
côtoyant de drôles
de poissons préhistoriques,
des hordes
de mammouths aquatiques.
—
Des triples mamelles,
des oreilles démesurées,
des chemins de jambes
enchevêtrées.
—
Une amphore pleine
de fleurs fanées,
des ampoules grillées,
des embryons congelés.
—
Des corps fragmentés,
des membres élastiques,
des saveurs froides
et génériques.
—
La tuyauterie est clean.
Le funiculaire has been.
—
Boyaux plastifiés,
sardines électrifiées.
—
Rien n’est chaud.
Tout est lisse.
—
Les pieds dans la glace.
—
D’une place à l’autre,
on glisse,
avec indifférence.
—
On se laisse flotter
dans le silence.
—
Un “bong” sourd
donne la cadence.
—
Lentement,
tout nous échappe.
—
On lustre le plexiglas.
—
On œuvre tous
à l’effacement
de nos mémoires ancestrales.
—
Tout un chacun
fils d’une étoile.
—
Les plus grands secrets
dans nos moelles.
—
L’été rend nos igloos
moins stables.
—
On laisse tomber nos miettes
sous la table.
—
Nous changeons chaque jour
de chaussettes.
—
Lentement
en train de disparaître.
—
On lave les blessures
de nos ancêtres.
—
Lentement
en train de disparaître.
—
Héritiers passants,
passeurs dépassés.
—
Géniteurs décadents,
reproducteurs décalés.
—
On n’a rien demandé.
Faut tout assumer.
—
On dort tous debout.
On partira tous désapés.
—
On porte le poids du passé,
avides de nouveauté.
—
On voit s’enfuir le présent.
Le futur à inventer.
—
Il en reste en stock
des espoirs fanés.
—
On vit les os
dans une mare de vase.
—
La viande dans le sas,
dans un sac de vide.
—
On avance en dents de scie,
indécis,
l’œil livide.
—
Le sens de la vie
suit le sens du vent.
—
On bavarde
en fixant le néant.
—
On vivote,
abasourdi mais lucide,
docilement.
—
Sens dessus dessous,
sans cesse impénétrable
et placide.
—
La viande dans le sas,
dans un sac de vide.
—
—
On a traversé l’ère du feu,
l’âge de glace,
l’arithmétique,
la génétique des races.
—
L’âge de fer,
la révolution industrielle,
le hit parade,
la guerre des classes.
—
Toujours sous le même ciel,
les grands cataclysmes,
les pires désastres.
—
Jusqu’à l’impasse.
—
À l’heure de la fonte des neiges,
c’est la fête des songes.
—
Le grand manège
dans lequel tout nous plonge.
—
Préférera-t-on
jeter l’éponge ?
—
Las de faire la guerre,
on coule
en brandissant nos fers de lance.
—
Tous les fous plongent.
Les sages remontent
à la surface,
en rêve.
—
Nous ne sommes
qu’un seul corps,
dont chaque membre
a droit de grève.
—
Bébés ridés,
la barbe dans le berceau.
—
Vieillards-marmots,
avant que ne tombe le rideau.
—
Silhouettes sèches,
croulant sous les fagots.
—
Nous construisons
chaque jour
nos fardeaux.
—
Les grands despotes
culminent.
—
Sèment la panique
dans l’usine.
—
Leurs propres cœurs
fulminent.
—
C’est la clinique
dans nos cuisines aseptisées.
—
Les fleurs des gamines
fanent.
—
L’humanité
s’est fossilisée.
—
À Aqualand,
tout s’est figé.
—
Tous les chalands
se sont évadés.
—
Tous les talents
sont évidés.
—
Toutes les issues
sont condamnées.
—
Sorties de secours
bouclées.
—
Il ne reste plus
qu’à sauter
du haut des tours
pour s’échapper.
—
Dans quelques siècles,
on retrouvera
des fossiles de tamagoshis
sur des cartes postales.
—
L’humanité
ne sait même plus
si elle a froid.
—
On a cassé
le thermostat.
LES ROBOTS
—
Métro.
Bistro.
Dodo.
—
Carcan.
Écran.
Veto.
—
Disco.
Photo.
Rideau.
Moto.
Coco.
Lotto.
—
Génération clic clic.
Génération clinique.
—
Experte en médocs,
en drames psychologiques.
—
Génération clic clic.
Génération clinique.
—
À l’heure des multiples séismes,
on oublie le pire.
—
C’est chronique.
—
Génération clic clic.
Génération clinique.
—
Les blasés
sont heureux de l’être.
—
J’fais mes lettres de RAP.
—
J’envoie les moutons paître.
—
Le showbiz ?
RAB.
—
Je puise au fond de mon être
ces rimes soldées
au rabais.
—
Tout en un.
Tout ou rien.
—
Rien à revendiquer.
—
Un pour tous.
Tous pour un.
—
Dans le bêtisier.
—
Toujours en train de courir,
comme des dératés.
—
Toujours seul.
—
À qui se fier
sur ces chemins ramifiés ?
—
Chacun trouve sa place
selon son pédigrée.
—
Dans ce défilé
d’automates dépités.
—
Quitte à s’aliéner,
on alimente le PIB.
—
En quête d’actes utiles.
Pas de futilité.
—
Esclaves d’addictions
devenues nécessaires.
—
Un système nerveux
à gérer.
—
Gare au bilan de santé.
—
Gare au bilan de santé…
—
Génération clic clic.
Génération clinique.
—
Génération mélancolique,
anémique,
amnésique,
cyclique.
—
Génération clic clic.
Génération clinique.
—
Nos mots goûtent le cynisme.
—
Mais on reste prolixes.
—
Dans le brouhaha,
on avance.
—
Non-stop.
—
Bien décidés
à débiter les tabous,
les yeux bandés.
—
Abrutis,
mais pas bornés.
—
À bout de douter.
—
Des sentiers tracés.
—
Vaut mieux pas s’écarter.
—
Vaut mieux pas s’écouter.
—
On pourrait se réveiller.
—
Sous contrat.
Sans avoir signé.
—
Dans la tiédeur
d’une cage dorée.
—
Génération clic clic.
Génération clinique.
—
Experte en médocs,
en drames psychologiques.
—
Génération clic clic.
Génération clinique.
—
À l’heure des multiples séismes,
on oublie le pire.
—
C’est chronique.
PARODIE FITNESS
—
(Stephane – voix coach)
—
Salut à tous !
Moi c’est Stéphane.
—
Alors pour les nouveaux,
on y va tranquille…
attentif aux postures.
—
Si vous êtes là
un dimanche matin…
c’est pour vous donner à fond.
—
Alors on met la résistance à fond…
et on attaque…
super slow.
—
(Bande-son : David Guetta)
—
Ça va Bernard ?
T’as la pêche ?
—
Salut Steffy,
hello Jeanine,
yes Nicole !
—
Nouvelle chorégraphie :
RPM 34.
—
Préparez-vous…
ça va être dur !
—
Mais vous êtes là pourquoi ?
—
Pour brûler
un maximum de calories !
—
Pour construire vos fesses !
—
YES !
—
Alors tu rajoutes…
on se connecte doucement
à l’effort…
laissez la musique
vous envahir.
—
(Première montée)
—
Feel the vibes.
Get up.
—
On va chercher
l’essoufflement.
—
Vous voulez me faire plaisir ?
Faites-vous plaisir.
—
Y’a pas d’option.
—
J’veux vous voir souffrir.
—
Le RPM,
c’est le seul sport
où on part tous ensemble
et où on arrive tous ensemble.
—
Est-ce qu’on est une équipe ?
—
YES !!!
—
(Râle collectif)
—
WOUHOU !
—
Add some more.
—
On résiste.
—
Bernard t’es bien ?
Nicole,
on a mangé du lion ?
—
Les tricheurs,
je les repère direct.
—
Jeanine lâche rien !
—
PUSH and PULL.
—
La puissance,
c’est dans le regard.
—
YES.
—
Cardio 75/80…
slow down.
—
Respirez.
—
Et on passe en AÉRO.
—
(Pédalage ultra rapide)
—
Pensez vitesse.
Bloquez les abdos.
—
Come on team !
—
Les mecs,
vous êtes avec moi ?
—
YES !
—
Les filles,
vous êtes là ?
—
J’vous entends pas !
—
Allez…
on charge !
—
Ça brûle les quadriceps.
—
Stand up !
—
On sort de la selle !
—
Steffy lève la tête !
Regardez droit devant.
—
15 secondes.
—
Pourquoi vous vous êtes levé
ce matin ?
—
Sit down.
—
On lâche rien.
—
Plus que 10 secondes…
TOP !
—
Y’a des sprinters
dans la salle ?
—
YES ?
—
Alors c’est maintenant.
—
Sprint !
Sprint !
—
Plus que 5 secondes !
—
RRRAAAHHH !
—
Slow down…
—
On enlève tout.
—
Tu bois.
Tu récupères.
—
2 minutes de bonheur.
—
Rien que pour toi.
—
Le vent
nous caresse le visage.
—
La foule nous acclame.
—
On vise…
la médaille d’or.
—
Chest up.
Soyez fiers.
—
YES Nicole !
—
Bernard,
protège tes genoux !
—
Prochaine track :
4 montagnes.
4 pics.
—
Tu dois être mort
à la fin.
—
Come on bikers !
—
Résistance !
—
Sépultura.
—
Push down !
—
Griffe le sol !
—
Stand up !
—
Tout dans le mental !
—
On passe au-dessus des nuages…
—
Bonus !
—
Donnez-moi tout
ce que vous avez !
—
Power climb.
—
Dessinez vos fesses !
—
Sit down.
Stand up.
—
Sur la cadence.
—
Entre en transe.
—
EXPLOSE-TOI !
—
C’est maintenant.
—
SOLO.
—
MAKE THE DIFFERENCE.
—
RESISTANCE.
—
Souriez.
Toujours.
—
La ligne d’arrivée
est devant vous.
—
10 secondes.
—
LET’S GO !!!
—
ATTAQUE FINALE !
—
ATTAQUE !
ATTAQUE !!!
—
Tous ensemble !
—
Est-ce qu’on est une équipe ?
—
WHO’S GONNA WIN ?
—
Jusqu’au bout !
—
STOP.
—
On enlève tout.
—
Bravo.
—
Super team.
—
Good work everybody.
—
Merci pour votre énergie.
—
Tout dans le mental.
Feel the vibes.
Love is true.
—
Good body.
Good spirit.
—
1200 calories brûlées.
—
Pas besoin de hamburger.
—
Vous êtes tous
des champions.
—
Applaudissez-vous !
—
À la semaine prochaine !
—
(Étirements)
—
Nuque.
Hanches.
Quadriceps.
Dos.
—
Bonne douche.
—
Excellent Sunday.
—
Et demain :
Challenge cycling.
—
N’oubliez pas…
de nettoyer.
PIÈCES DÉTACHÉES
—
(Voix speakeuse)
—
Bienvenue
dans le grand zapping truqué
de la réalité
en pièces détachées.
—
Bienvenue…
dans votre supermarché préféré.
—
Bienvenue
dans mon cabaret fantasque
et déjanté,
où, chemin faisant,
vous rencontrerez
de très beaux spécimens
issus de la société post-moderne.
—
Le dernier cru…
dégénérescence
de la race humaine.
—
Mesdames et messieurs…
entrez dans ma sphère.
—
Allez,
laisse-toi faire.
—
Allez…
achète mon camembert.
—
Aujourd’hui…
—
Soif de vivre.
Quête de speed.
Fuite du vide.
Bifteck fade.
—
Humanoïde
génétiquement modifié.
—
Chromosome Y,
modèle X34ZB.
—
Robot bloqué.
—
Plus de cœur.
—
Trop pressurisé.
—
Nono robot isolé.
—
Bloqué.
Plus de cœur.
T’as pigé ?
—
Pas…
pas…
—
Pas de balades banales.
—
Je dévale
les vallées.
—
Déballe
des balles vocales.
—
Avale
des valises de salive.
—
Je te nourris sans répit.
—
Jamais
tu ne seras repu.
—
Pas de pause.
Pas de repos.
—
Sinon…
pampam cucul.
—
Faut que tu prennes le coup,
coco.
—
Tu sens l’odeur ?
—
(fais péter ton jazz)
—
Éveille-toi.
—
Ouvre-toi au monde.
—
Reproduis-toi.
—
L’espèce humaine
doit perdurer.
—
Connecte-toi
au grand tout.
—
Abandonne-toi
à l’espace.
—
Aie confiance.
—
Dors.
—
Papa veille au grain.
—
Dors.
—
À chaque jour
suffit sa peine.
—
Dors.
—
Ce soir…
l’avènement
du nouvel humain
post-moderne.
—
L’extrême déliquescence
du baratin.
—
La crème de la crème
du gratin.
—
Gentil copain,
malin,
patin,
couffin,
vaccin.
—
Chaud lapin,
gros chagrin,
tas de foin,
crottin.
—
Haut les mains,
peau de lapin.
—
Bain de foule.
—
Fout le bordel.
—
Étoiles filantes.
Messes basses.
Potins.
—
Nouvel hybride humain.
—
Cœur élastique.
—
Vagin en plastique.
—
Peau de chagrin.
—
Fond de teint satin.
—
Synthétique.
—
Supermarché soporifique…
—
(grande inspiration)
—
Vous ne dormez pas ?
—
Si tu ne dors pas…
fais semblant de dormir.
—
Ne réveille pas ton voisin.
—
Laisse les gens
tranquillement dormir.
—
Chut…
respire doucement.
—
Desserre ta ceinture.
—
Ce soir :
—
Échange.
Partage.
Don.
Contre-don.
—
Action.
Réaction.
—
Attraction.
Répulsion.
—
Lavage de cerveau.
—
Sous censure.
—
Pas de panique.
—
Viens boire un coup.
—
Bienvenue
dans mes contrées fantastiques.
—
Mélange serviette,
torchon.
—
Quel artiste
pour quel public ?
—
Quel citoyen
pour quelle république ?
—
Allons mes enfants…
—
en free party.
—
manger des bonbons.
